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A NOS AMIS

Suite à notre Appel aux groupes d’écologie sociale et, de fait, à tous ceux qui sont intéressés par cette perspective pratique, suite également aux interrogations diverses qui sont apparues à travers les interventions des participants à notre questionnaire, nous souhaitons par le texte qui suit apporter notre contribution à la réflexion générale.

Bonjour,

Tout d’abord, nous tenons à remercier toutes les personnes ayant répondu à ce questionnaire et par ce texte répondre aux inquiétudes qui s’y sont exprimées mais aussi appuyer les propositions qui enrichissent notre démarche. Nous ne voudrions tromper personne : de même que la plupart d’entre vous, nous nous interrogeons sur beaucoup de choses. Nous n’avons que quelques perspectives pour un agir commun qui nous permettraient de sortir quelque peu de notre isolement et surtout, à moyen terme, nous permettraient de constituer une force face à la vaste machinerie capitaliste qui écrase nos vies.

Nous ne nous voulons pas davantage propagateurs d’illusions, manière de faire qui appartient à la sphère des politiciens, à cette représentation pseudo-démocratique qui, tous partis confondus, a largement participé de l’état actuel de notre société. Tout parti se situant dans la sphère étatique ne pouvant se comporter qu’en gestionnaire du Capitalisme, avec quelques nuances de peu d’intérêt. La solution la plus terrifiante étant cette société de surveillance totalitaire qui étend son emprise en Chine et semble fasciner nombre de nos dirigeant-gestionnaires.

Nous voulons prendre le problème à la racine, en finir avec l’aliénation du travail marchandise, en finir avec cet asservissement qui est l’un des piliers de l’actuel système de domination. A noter la démonstration que nous en avons avec l’actuelle crise « sanitaire » où nous voyons les représentants du capitalisme prêts à tout sacrifier de nos vies au profit de la continuité du Travail et de la valorisation de la valeur par le numérique et la technologie, et ce, jusqu’à en mourir.

Tout ce qui se passe dans ce monde nous concerne, des expériences passionnantes du Rojava, ou du Chiapas à beaucoup d’autres plus modestes mais qui ont déjà commencé à construire les conditions de notre devenir à toutes et à tous.

Nous nous plaçons donc résolument dans le commun et avec l’exigence d’une démocratie directe qui implique la responsabilité et l’implication de tous.

Tout en nous tenant en dehors des partis, de leurs petits arrangements, de leurs compromissions et de leurs logiques carriéristes, nous nous voulons résolument politique. A la politique, nous opposons le politique, en termes d’engagement pour le Commun, d’anticipation des problèmes, d’élaboration de stratégies, d’ouverture au dialogue, de réflexion sur l’état des choses. Le politique n’est rien d’autre qu’un désir d’agir avec les autres, de prendre place avec eux pour l’élaboration d’un monde commun.

Nous ne sommes porteurs d’aucune idéologie, en ce sens que nous restons ouverts à toutes les expériences qui cherchent à s’opposer radicalement à ce monde-là, et à toutes celles et ceux qui en cherchent véritablement la porte de sortie. Pour cela nous misons sur un dépérissement de l’État, par la dépossession progressive de sa puissance à laquelle se substituera celle en devenir de la démocratie communaliste, tissant ses liens à travers les territoires et construisant ses propres logiques fédératives. Une utopie certes à ce stade, mais qui ne demande qu’à voir le jour si elle trouve suffisamment de bonnes volontés. D’idées nous ne manquons pas.

Ce que nous proposons n’est rien d’autre que de tenter de poser ensemble les jalons d’une autre forme d’organisation sociale, horizontale et non hiérarchique.En ce sens, le communalisme inspiré des travaux et des recherches de Murray Bookchin nous semble être la solution qui s’offre à nous, en ce qu’il nous ouvre un champ pratique de réalisation et de mise en œuvre de cette démocratie directe et d’une écologie sociale basée sur l’humain et la réalisation pour tout le monde, d’une vie quotidienne digne de ce nom.

Nous sommes bien conscients des difficultés pour y parvenir et aussi du fait qu’il nous faudra dépasser et nous débarrasser d’un grand nombre de choses et de mauvaises habitudes implantées en nous par les logiques de la domination marchande mondialisée.

La logique marchande, comme moteur gravement défectueux de la présente organisation sociale, a fortement accentué certaines des tendances les moins plaisantes de la nature humaine, tel par exemple le narcissisme-égocentrisme qui pour beaucoup est devenu un mode d’auto-défense inconscient avec comme conséquences une forme de rupture de la relation aux autres, une incapacité au partage, une perte de la confiance reliant les êtres entre eux. Nous pensons qu’une société effectivement démocratique et solidaire, ouverte sur le Commun tout en respectant l’individu, permettrait de renverser cette tendance mortifère.

Nous ne pouvons guère espérer de l’actuel système éducatif qu’il nous libère d’une quelconque manière puisqu’en termes de formation, c’est bien plutôt à l’asservissement qu’il prépare le plus grand nombre tout en formatant ses futures élites aux logiques de la domination. Il nous faudra donc mettre en place un tout autre type d’enseignement basé sur le partage, l’aide à l’épanouissement des compétences et des talents particuliers et sans que puissent s’imposer des hiérarchies quelconques en la matière. Toutes les expériences qui travaillent en ce sens nous sont précieuses et doivent se communiquer.

Tout en assumant ce fait du capitalisme qui nous habite, nous nous sommes décidés au sein de l´IESC à mettre en avant toutes les expériences autogestionnaires en cours. Nous les considérons comme directement éducatives et à la fois, points d´ancrage de la société à laquelle nous aspirons. Ainsi l´éducation se développe au sein d´une mise en pratique des éléments fondateurs de ce projet d´émancipation: subvenir à nos besoins en vivant dans le lien, le dialogue et les échanges. C´est dans ce cadre que se situe cette initiative des questions. Comme les zapatistes nous avançons en nous posant des questions. Et le terrain des luttes et des alternatives est les plus adéquats puisque partant d´aspirations et de pratiques communes. Manque à ces pratiques le lien entre elles, que nous envisageons comme prélude à une auto-institution du Commun, donc en termes politiques comme l´entend le communalisme. Ce lien, nous aspirons à le voir se structurer dans la diversité, voire le dissensus avec un objectif commun, celui de la destruction du capitalisme par sa substitution simultanée de la construction du communalisme.

Mais bien souvent, par manque de perspective commune et par une analyse insuffisante, ce dissensus est perçu, non pas comme chance mais comme facteur de division. Se creusent alors des séparations entre les acteurs qui luttent pour un monde nouveau, chacun s´attribuant une étiquette ou en collant une à l´autre. C’est dans ces séparations, dans ces failles que l´ennemi glisse son couteau « libéral » et tranche, écartèle pour spécialiser, répertorier, isoler, opposer entre elles toutes les personnes critiques envers le système. De cela découle notre impuissance et c’est ainsi que nous laissons se refermer autour de nous le piège massificateur de la dictature libérale.

Et ces failles, ces séparations, ces oppositions, nous en portons les stigmates toutes et tous. Ainsi, lorsque nous pensons, lorsque nous réfléchissons, lorsque nous proposons, il semblerait que nous nous situons en dehors de l´agir. Ainsi on se prend nous-même à opposer théorie et pratique. L´agir se situerait plutôt dans la lutte et dans l´alternative mais selon le camp dans lequel on se situe, l´un est souvent perçu comme antagoniste de l’autre. Par contre si nous comprenons les manifestations et les luttes comme une « rage contre le règne de l´argent », et les milieux alternatifs comme mise en pratique d´une tentative d’abolition de ce règne, il s´agit non plus d´opposition mais de complémentarité pour un but commun : sortir du capitalisme. Alors, au-delà de la complémentarité, nous pouvons entamer un processus de complicité, riche de nuances que génèrent ces différences. Que ce soit dans l’agir commun où dans la réflexion sur cet agir, la théorie n’est rien d’autre qu’un savoir dont le but est de nous guider vers un « pouvoir » réel sur nos vies, en tant que personnes qui toutes agissent à leur manière et sans discriminations.

En fait ces nuances, sont loin d´être perçues comme telles actuellement, elles restent source d’opposition surtout entre « théoriciens » et « pratiqueurs ». C´est cette méfiance qui sous-tend la crainte vis-à-vis des discours et les savoirs que l’on ne maîtrise pas encore, par peur que « les sachants » s’approprient, manipulent et dirigent les pratiques locales. Cette méfiance, vu l’expérience historique de la mainmise des théoriciens intellectuels par-dessus les « prolos »,  n’est pas sans fondement ; mais il se trouve que sans le passage par la théorie critique il est impossible de discerner la multiplicité des enjeux, de ce qui appartient au discours imposé et de ce qui appartient au sens commun, au bon sens, etc… L’agir local est ce qui compte en priorité, nous en sommes bien d’accord.

Cependant, nous avons la nécessité d’un agir politique qui ne peut que prendre place dans la globalité; ce qui sous-entend d’être en mesure de s’en saisir, d’être capable de définir des stratégies et d’éviter les logiques de repli sur son petit monde. Sinon, tout un chacun devrait comprendre en effet qu’il a besoin d’étudier, sans cesse, et tout au cours de sa vie pour demeurer en relation avec le monde; non pas pour faire le malin, ni pour prendre le pouvoir, mais tout au contraire pour garder contact avec le commun dans sa diversité.

Nous pensons qu’il nous faut éviter de créer une échelle de valeur entre « pratiqueurs » et « penseurs ». Que s’est-il passé précisément chez les zapatistes? Il y a là, dans cette histoire, dans la création et l’évolution de ce mouvement, toute une leçon que nous devrions toujours garder à l´esprit. Nous sommes d´accord sur le fait que les idées politiques du XXème siècle, elles-mêmes héritées du XIXème sont largement périmées. Mais on ne peut non plus faire table rase de ce passé mais plutôt s’en servir, en sachant abandonner ce qui est obsolète tout en gardant la mémoire de tout ce qui peut encore nous servir maintenant. C’est là l’essence même de tout apprentissage. Lorsque Marcos arrive au Chiapas, venant de la ville et gonflé de son savoir marxiste et partisan du Che, il a su se mettre à l’écoute des communautés indiennes tout en abandonnant ses rigidités idéologiques mais sans se dépouiller de son analyse du capitalisme. C’est cette rencontre et fécondation qui a donné naissance au zapatisme et ainsi le « penseur » est devenu « pratiqueur », mais sans abandonner le « penseur ». Jérôme Baschet et John Holloway par exemple, restent essentiellement des « penseurs » et pourtant leur rôle n’est pas du tout négligeable dans l’analyse et la transmission du savoir des zapatistes. Et en revanche, nous connaissons des « pratiqueurs » qui finissent par être tellement absorbés par leur pratique, qu’ils pensent peu et croyant être en accord par leur pratique avec leur pensée, s’en trouvent satisfaits. Ils traiteront d´intellectualisme ou de politique, tout ce qui a trait avec la réflexion.

En allusion à une proposition pour la création d´un mouvement avancée dans le livre de Floréal Romero, nous avons pu lire : « rédiger une sorte de plateforme avec un groupe de personnes, quand bien même nombreuses et représentatives de diverses luttes, pour fonder les grandes lignes d’un mouvement, me semble illusoire en tout cas risqué. » Et ce risque serait que : « Ce procédé centralise, nomme avant les « intéressés », avant (ou à côté de) ceux qui tentent d’appliquer dans leur vie de tous les jours des valeurs collectives dans un esprit d’autonomie vis-à-vis des institutions et de réappropriation de ses moyens d’existence… »

Ainsi cette critique en rejoint une autre : le problème de l´écologie sociale et du communalisme c’est que tout est programmé, qu’il n´y a plus rien à inventer. Or la réalité est toute autre : tout reste à faire. Il y a un certain parallélisme entre cette critique et celle de proposer d’élaborer en commun une « feuille de route », comme il est exprimé dans ce livre. Pour nous, cette « feuille de route », reprendrait en quelque sorte, les grandes lignes tracées par le communalisme comme instrument politique fédérateur dans le dissensus de toutes sortes de mouvements hétéroclites mais avec un seul objectif : sortir du capitalisme. Mais l’essentiel est encore devant nous… tout reste à réfléchir et à accomplir. Avec ces propositions nous avons là un outil formidable, une espèce de garde-fou, forgé par l’expérience, un embryon ayant plein de choses à incorporer, à inventer pour croître en volume et qualité afin de sortir du piège dans lequel nous sommes pris. Et là personne n’est de trop, les « penseurs » deviendront pratiqueurs et les pratiqueurs, penseurs.

Ce brassage d´idées, ces liens à tisser entre les mouvements alternatifs engagés dans la construction du nouveau monde et ceux et celles qui luttent pour la dignité contre le règne de l´argent, c’est cela le mouvement, cette fécondation et rétro-alimentation entre les deux ailes d´une même volonté, celle de nous sortir de notre servitude au capitalisme et de son monde aliéné.

En nous plongeant de plus en plus dans le concret et en usant de plus en plus du bon sens, guidés par notre sensibilité et nos imaginaires libérés, nous découvrirons la jouissance du partage avec les autres, dans des activités manuelles, une agriculture revivifiée mais aussi une intellectualité créative et vivante. Et le construire suppose aussi un combat permanent contre l’émergence de dynamiseurs incontrôlés, de ne pas avoir de représentants mais bien des mandatés révocables à tout instant. A notre avis, petit à petit et avec l’enthousiasme retrouvé, la capacité de parole s’instituant par l’usage et la pratique, nous alimenterons qualitativement et quantitativement nos réalisations alternatives.

Nous serons alors en mesure de créer nos propres Institutions en tension avec celles de l´État et les décisions partiront de chacune et chacun parce qu’apprises dans la pratique des luttes et des réalisations concrètes. Des réalisations pour subvenir de plus en plus à nos besoins fondamentaux et à d´autres qui le sont moins en apparence mais donnent pourtant sens à nos vies. Les mandatés se chargeront d´appliquer nos volontés définies à la base. Il s’agit là d’une création collective mais sans pour autant partir à l’aveuglette. La « feuille de route » du départ sera constamment remise en question, non pas dans sa finalité de sortir du capitalisme, mais dans ses modalités, enrichie aussi et adaptée à chaque lieu, à chaque région, en liaison avec les autres. Théorie et pratique enfin réconciliées.

Et c’est bien à partir de là, de cette appartenance au monde commun, que l’IESC cherche à intervenir comme outil agissant dans le sens d’une logique permettant de faire émerger un possible fédératif entre des expériences diverses. Dépasser l’isolement actuel est une nécessité si le communalisme veut devenir une force sociale en mesure de résister à la méga-machine capitaliste et à son régulateur étatique. Faut-il rappeler comment l’expérience de Notre-Dame des Landes, pourtant si dynamique et prometteuse en son temps, a été annihilée dès qu’elle est allée au-delà d’une revendication sectorielle. Nos ennemis savent très bien discerner les failles qui sont les nôtres; failles qui sont toujours l’expression de nos séparations et de notre incapacité organisationnelle.

Nous ne prétendons surplomber personne mais travailler au contraire à des liens qui puissent nous réunir et donc nous renforcer. Nous sommes opposés à toute hiérarchie et à toute forme représentative qui ne peut qu’être qu’une trahison de la démocratie. Des groupes comme le nôtre ne sont pas appelés à perdurer et, d’une certaine manière, ne demandent qu’à disparaître dès qu’ils auront accompli leur tâche.

Nous avançons avec vous en continuant à nous poser des questions.

Bien à vous,

Institut d’Écologie Sociale et de Communalisme

N.B. : Il semble nécessaire de resituer ce questionnaire dans le cadre de la situation actuelle. Cette dernière ne faisant qu’accentuer les propos tenus dans cette tentative de répondre à ce questionnaire et aux réponses reçues.   Et, comme toujours nous sommes poussés à nous poser de nouvelles questions auxquelles il nous faut nous efforcer toutes et tous de répondre.

Avec l’irruption de la pandémie, (oh combien opportune pour les gardiens de l’ordre socio-économique capitaliste dans sa crise finale), aiguiser davantage notre critique ne relève pas d’un tour de passe-passe pour épater qui que ce soit. Bien au contraire, bien se saisir de la nature des forces en présence et des enjeux actuels doit nous permettre d’anticiper les évènements, pour mieux les affronter. Rien de prétentieux non plus dans cette volonté. Il s’agit bien, de ne pas s’en laisser conter et d’agir, en ce moment historique sans précédent où nous sommes confinés, aux arrêts domiciliaires pour ainsi dire et ce, au niveau mondial. Cet enfermement, dégageant du temps à première vue, nous aurions pu le mettre à profit pour réfléchir plus profondément. Mais si ce dernier finit par devenir légitime à nos yeux, effrayés par ce soi-disant terrible ennemi invisible, il ne devient supportable que grâce au numérique qui nous distrait et ce, chacun à la mesure de ses intérêts particulier, fussent-ils du plus haut vol. Avec les réseaux sociaux, l’information (moyen de formation de masse) à pléthore, il y en a pour tous les goûts et couleurs. Et qui s’en méfierait, puisque ces informations circulant à toute vitesse et dans tous les sens sont censées ne pas provenir d’en haut mais de nous-mêmes  et de circuler horizontalement.  Résultat, ne pouvant traiter toutes ces données nous en sommes dépossédés et entrons dans une espèce d’inhibition de l’action entraînant une morosité qui nuit gravement à notre santé. A cela s’ajoute pour beaucoup une perte d´emploi et pour bien d’autres personnes masquées ou pas un supplément de travail, ou un télétravail déprimant par le manque de contact réel. Si, auparavant, nous n’avions pas beaucoup de temps disponible pour nos projets socio-politiques, il se trouve que nous en avons encore moins et privés en plus de cet élan et de cette force que nous donne la connaissance de l’autre. Ce ne sont pas les réunions et les manifestations online, comme ersatzs qui vont nous les rendre, bien au contraire, il ne s’agit là que d’une camisole de force, d’un calmant. Cette inhibition de l’action et cet isolement sont à notre avis bien plus dangereux que les virus, en ce sens qu’ils touchent au plus profond de la nature sociale constitutive de l’être humain, de son essence-même et donc de tout son système immunitaire. Cette néo-science, qui prétend actuellement imposer ses règles à tous, est avant tout, elle-même, un produit du capitalisme. Où trouve-t-on désormais une recherche qui soit au service de l’intérêt commun, des laboratoires dont la priorité ne soit pas le profit ? Et combien de temps les opprimés accepteront-ils la prolongation de cet « état d’urgence » qui trouvera toujours quelque raison de se perpétuer.

Janvier 2021

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7 commentaires

  1. Je n’ai pas eu l’occasion de répondre au questionnaire mais je viens de lire le compte-rendu qui s’intitule « À nos amis ». Vers la fin une phrase me chicotte « Faut-il rappeler comment l’expérience de Notre-Dame des Landes, pourtant si dynamique et prometteuse en son temps, a été annihilée dès qu’elle est allée au-delà d’une revendication sectorielle. » J’aimerais savoir en quoi l’expérience de Notre-Dame des Landes a été annihilée.

    Merci

    1. Marcel, si tu n´as effectivement pas répondu directement à ce questionnaire, celui-ci ayant été pensé dans le temps et la continuité, par cette remarque tu contribues à la fois à répondre et à poursuivre ce questionnement, qui à son tour se révèle être source et condition de vitalité créatrice. Il est vrai que cette affirmation à propos de Notre Dame Des Landes, peut apparaître comme un jugement à l´emporte-pièce et qu’elle mérite un petit développement. Merci de nous en donner l´occasion…. Tout d´abord il nous faut nous situer au moment de l´apothéose de la lutte, au moment-même de la destruction et démantèlement des cabanes. Mais que l´on ne s´y trompe pas, il ne s´agissait pas pour l´État d´une simple destruction des cabanes mais bien de détruire l´esprit des cabanes, c´est à dire fondamentalement l´esprit du commun, un commun fait de nombreux mondes dans une espèce de dissensus: « un monde contenant de nombreux mondes » pour paraphraser les zapatistes. Nous sommes dès lors en droit de penser que l´État a gagné puisqu’il à évité ce que le capitalisme craint le plus: l´instauration des communs et du commun, c´est à dire une non-propriété, une zone non productive. N´oublions pas que le capitalisme s´est historiquement constitué sur la destruction des communs pour en virer ses habitants, les déposséder des moyens de vie, convertir ce commun, en propriétés privées des moyens de production et convertir les dépossédés en travailleurs et travailleuses, entièrement dépendants de l´argent. Pour en revenir à NDDL, la répression a été tellement brutale qu’elle a obligé les habitants des cabanes à s´en aller et à considérer comme traîtres, toutes les personnes qui composaient avec le pouvoir. Il ne s´agit pas là de se placer résolument d´un côté ou de l´autre de ce choix, mais de prendre conscience que si nous en restons à nous conformer dans le cadre légal que nous propose l´État, nous sommes alors pris dans les mailles du filet, même si nous choisissons une formule juridique du moindre mal, comme par exemple les « fonds de dotation ». Pour autant, si se passer de formes juridiques comme dans le Zones d´Autonomie Temporaire (TAZ d´Hakim Bey) peut avoir un certain intérêt pédagogique, cette option ne peut se concevoir comme élément dur pour la construction d´un monde nouveau. C´est tout l´intérêt des propositions communalistes d’éviter de tomber dans ces extrêmes paralysants et démobilisateurs. Le communalisme nous permet de dépasser ce clivage, par son imaginaire, son horizon de dépassement du capitalisme, par son exigence de renverser toute domination, par son projet politique de démocratie directe et d´autonomie dans le confédéralisme. D´autre part cette stratégie que je propose dans mon livre « Agir ici et Maintenant » d´allier par le politique, « luttes contre le règne de l´argent » et « alternatives » autogestionnaires et de souveraineté matérielle et alimentaire que l´on construit dans l´ombre de la légalité, nous empêche précisément de nous empêtrer et de rester piégés dans les filets de la légalité.

      1. Salut Floréal,
        Merci pour ta réponse, mais elle ne me semble pas tout à fait satisfaisante.
        Tu écris : « Il ne s´agit pas là de se placer résolument d´un côté ou de l´autre de ce choix, » mais tu affirmes tout de même que « Faut-il rappeler comment l’expérience de Notre-Dame des Landes, pourtant si dynamique et prometteuse en son temps, a été annihilée ». Il me semble que tu prends position pour un des deux courants majeurs (celui qui est parti) qui ont façonné NDDL.

        Dans l’excellente étude sociologique qu’a faite Sylvianne Bulle, elle analyse les tensions entre les deux principaux courants VS les enjeux de la possible continuation de l’expérience NDDL. L’un plus ou moins réfractaire aux structures organisationnelles (l’organisation se mettra en place de par une dynamique auto-organisationnelle non planifiée) tout en opposant un refus radical aux pressions de l’État. L’autre par une recherche de se structuration pour produire en dehors du modèle industriel capitaliste mais en acceptant le modèle de la propriété imposé par l’État.
        Ce clivage est celui que nous vivons au projet Bâtiment 7 entre le courant anarchiste que je nomme individualiste, et le courant communaliste, les deux voulant développer l’autonomie du projet Bâtiment 7. L’un a peur des structures (sources de pouvoir hiérarchique) l’autre souhaite une convergence des efforts VS les enjeux de récupération du modèle dominant. D’autre part, bien que significatif le militantisme anar reste largement minoritaire au sein de notre projet.

        Il est vrai que le courant plus près des communs est parti, mais on peut se poser la question, NDDL existerait-il encore s’il avait fallu continuer à affronter directement l’État?

        Maintenant, ceux et celles qui continuent semblent avoir l’esprit du Commun, mais doivent s’accommoder d’une structure privée de la propriété. Méchant problème comme on dit puisqu’un phénomène de récupération marchand et capitaliste est dans la place. Mais n’est-pas la situation des AMAP où les échanges d’argent continuent à être le mode dominant ?
        Tu écris « Mais de prendre conscience que si nous en restons à nous conformer dans le cadre légal que nous propose l´État, nous sommes alors pris dans les mailles du filet, même si nous choisissons une formule juridique du moindre mal, comme par exemple les « fonds de dotation ». » Bien, est-il possible de penser qu’on pourrait couper petit à petit les mailles du filet ?

        Tu écris aussi « Nous sommes dès lors en droit de penser que l´État a gagné puisqu’il a évité ce que le capitalisme craint le plus: l´instauration des communs et du commun, c´est à dire une non-propriété, une zone non productive ».
        C’est vrai l’État a gagné, mais je dirais qu’il a perdu du terrain (sans jeu de mot), il est poussé plus loin dans ses retranchement. Quelle est la ligne où nous pourrions concevoir que le milieu du terrain aurait été franchi ? C’est la lutte de terrain qui nous le diras. Les zapatistes sont peut-être tout prêt d’y arriver puisqu’ils construisent les institutions parallèles.

        Bonnes réflexions

        1. Salut bien Marcel,

          En premier lieu je tiens à te rassurer, ton acharnement à comprendre la dynamique de NDDL et à en tirer des leçons pour le présent, n´est pas à ranger dans la catégorie, « trouble obsessionnel ». A moins que l´on soit plusieurs à partager ce trouble, ce qui est le cas dans notre groupe.

          Je pense, au contraire que ton intervention est intéressante car elle nous confronte à une problématique majeure en termes de stratégie pour le communalisme. Aussi NDDL est incontournable pour bien comprendre les enjeux majeurs auxquels nous sommes confrontés. NDDL a été un riche concentré en diversité d´actions, de pratiques et de réflexions contemporaines, dans lesquelles nous pouvons puiser plein d´enseignements. Nous ne sommes pas de celles et ceux qui se contenteraient de la seule victoire, certes épique et exemplaire, contre le projet d´aéroport. NDDL, c´est aussi et surtout l´ouverture de l´imaginaires, celui d´un renouveau du projet révolutionnaire, versus l´écologie sociale.. Mais il est vrai que dans nos propos, certains termes employés sont à relativiser comme celui de « annihilé » par exemple. C´est ce qui t´a sans doute fait penser que j´avais pris « position pour l´un des deux courants majeurs (celui qui est parti)…. ».

          Il n´en est rien, et ce pour deux raisons essentielles, la première étant que parier sur la spontanéité pour bâtir une structure organisationnelle me semble chimérique voire dangereux. Ne pas situer, occuper collectivement et instituer les lieux de pouvoir équivaut à laisser le champ ouvert à l´arbitraire. La seconde raison tient du rapport de force déjà évoquée par ailleurs, à commencer par le fait que dans l´océan capitaliste de la propriété actuelle, rien, ni personne, pour l´instant, ne peut y échapper. La juridiction de l´Etat s´impose.

          Aussi, après la dernière répression policière, c´est le projet des personnes qui tentaient de se poser hors des cadres juridiques du capitalisme, en tentant de restaurer des communs, qui été anéantie. Leur véritable amertume n´était autre que le sentiment d’avoir été trahis par les « propriétaires », par ceux qui ont pu rester au prix de divers compromis. Certes ces personnes perdantes, n´avaient aucune alternative à proposer. Mais leur ressentiment provenait surtout de ce qu´elles traduisaient comme une hypocrisie des personnes qui restaient en place et qui ne voulaient pas reconnaître ce à quoi elles avaient renoncé.

          Bref, le problème est complexe et nous n’avons aucune réponse toute faite. Mais, être radical en une telle occasion, c’est pour le moins refuser de se leurrer, de faire « comme si »; et refuser de leurrer les autres surtout. Oui, se confronter à la véracité des choses est sévère et cruel parfois mais rentrer dans le mensonge et l’illusion est toujours pire dans la durée.

          Alors, contre l´informel, à nous de choisir un formalisme pratique dans la juridiction-même de l´Etat et emplissons-le d´engagements pour faire échec à l´individualisme du chacun pour soi. Comme tu le dis si bien, nous serions alors en mesure de « pouvoir couper petit à petit les mailles du filet ». Car, la forme et le fond étant inséparables, ce qui importe avant tout, c´est de ne pas tomber dans une espèce de fétichisme de la formule juridique sans questionner nos activités. Parler «des communs » sans questionner les activités qui s´y déroulent revient à poser une pure abstraction.

          D´ailleurs qui nous dit qu´à NDDL, la formule de « Fond de dotation » adopté par certaines personnes du courant qui a décidé de rester, ne va pas dans ce sens ? Lutter contre la mainmise et la violence structurelle du Capital et de l´Etat sur toutes nos activités n´est possible, comme le rappelle Ocälan, qu´à la condition de la mise en place d´une organisation, capable de créer un rapport de force favorable à tous les niveaux.

          Il s´agit là une organisation politique englobant l´ensemble varié de nos activités sociales. Une organisation pratique et vivante, auto-instituant le « commun » partant de l´extrémité-même de la capillarité du pouvoir établie par l´Etat. Partant de cette extrémité, la commune, et en remontant confédéralement vers le territoire et au-delà. Mais au préalable et en concomitance, il est indispensable de mettre en branle un mouvement culturel s´alimentant de nos pratiques et vice-versa, capable d´enclencher cette dynamique communaliste révolutionnaire. ´

          Que l’État « poussé dans ses derniers retranchements ait perdu du terrain », je n’en suis pas persuadé en effet. Par contre, il me semble que nous pourrions lui en grignoter en établissant un front large avec une multitude de NDDLs sans éclats aveuglants, mais fédérées localement puis confédérées au-delà. N´est-ce pas là que l´Etat commencerait à perdre du terrain ? C´est ce que sont parvenus à faire, certes dans un autre contexte, les zapatistes que tu nommes fort à propos. A nous de nous en inspirer partant de ce que nous avons et faisons ici.

          1. Bien, nous avons avancé dans la réflexion. Tu écris « D´ailleurs qui nous dit qu´à NDDL, la formule de « Fonds de dotation » adopté par certaines personnes du courant qui a décidé de rester ne va pas dans ce sens ? En fait c’était ma question initiale et pour y faire suite, l’idéal serait d’être en mesure de suivre l’évolution de ce qui se fait sur le terrain avec une ou des personnes sympathique (s) à nos questionnements et acceptants de nous relayer l’état d’esprit général (vers où ça s’en va), les embûches à franchir, etc.
            Pour finir, tu écris « il est indispensable de mettre en branle un mouvement culturel s´alimentant de nos pratiques et vice-versa, capable d´enclencher cette dynamique communaliste révolutionnaire. »
            Alors, je te suis parfaitement sur cette idée. Sur le terrain à NDDL et au Bâtiment 7, on organise la production, la distribution, l’échange, on fait la fête, nous avons des librairies, des artisans (bois, poterie, métal, etc.). Il y a là une base culturelle cherchant des formes d’autonomie (assez fortement anti-étatiste par principe ou par réaction), et pratiquant l’autogestion.
            Mais, dans le meilleur des cas, cette dynamique hésite à franchir la barrière de l’anticapitalisme (des positions et des gestes) et d’en faire la « promotion », c’est-à-dire de faire avancer le débat ouvertement à l’intérieur dans un premier temps et le porter à l’extérieur (communauté locale ou régionale) dans un deuxième temps. On craint les crises, puisque c’est autour des idées politiques que se produisent les blocages, les incompréhensions, les « luttes de pouvoir », etc. Bref, on perçoit encore très fortement la question politique comme une chose extérieure au mouvement auquel on appartient.
            C’est ça qu’il faut arriver à changer. Comment par la pratique et par la formation. Par la pratique, par exemple, en interprétant politiquement le fonctionnement autogestionnaire. Par la formation aussi et c’est là qu’un institut d’écologie sociale peut le mieux jouer son rôle comme partie d’un mouvement, avec des cours, des conférences, des textes de réflexion à partir des enjeux concrètement vécus sur le terrain.

  2. Salut Marcel,
    Face à la pression théorique que tu m’imposes , je n’ai pas hésité à faire appel à des forces complémentaires pour relever ce défi du Politique.
    Et voilà comment Stéka s´est joint à cette joute au risque de te déséquilibrer. Mais je suis sûr que loin de te déranger tu n´en seras que plus motivé.

    C’est bien sur le terrain du politique qu’il nous faut avancer en effet ; pour aller au-delà des blocages et des incompréhensions que tu évoques très justement. Je suggère que nous
    utilisions des termes plus précis pour éclairer certaines de nos thèses qui demeurent floues
    pour beaucoup. Tels cet « Espace public oppositionnel » qui nous vient du théoricien
    allemand Oskar Negt ou encore cet «Espace public non étatique» qu’utilisent Dardot et
    Laval.

    Nous savons bien que des pratiques autogestionnaires, qui n’ont pas une conscience
    suffisamment claire de ce à quoi elles s’opposent, même si elles se revendiquent souvent
    de l ́anticapitalisme, sont vouées à l’échec : soit elles seront étouffées par les logiques
    concurrentielles du marché, soit le marché les intégrera dans sa dynamique propre et elles
    perdront tout ce qui leur donne sens en termes humains et sociaux.

    Il est important de bien montrer que cette réticence au politique, provient pour l’essentiel
    de son accaparement par les politiciens, les soi-disant professionnels de la chose, les
    hommes de parti, qui en ont anéanti le sens et la valeur. Redonner son sens à au politique
    et à la démocratie (forcément directe), en dehors des institutions de l ́État, ne pourra
    trouver sens qu’en se débarrassant de toutes les scories partisanes. Ce sont ces partis qui,
    avec leurs hiérarchies parfaitement illégitimes, empoisonnent et court-circuitent le
    nécessaire dialogue permanent entre toutes et tous. Ainsi, le rapt du politique par les
    « pros » a fini par en détourner les militants sociaux et à décourager toutes les bonnes
    volontés.

    S ́impose donc à nous le pari du dépassement et du retournement de cette funeste
    dynamique, et cela ne pourra se faire qu’à la condition de ne pas considérer le
    communalisme comme une autre idéologie. Il permet au politique de s ́extraire du cloaque
    répugnant où l’a plongé le monde de l’économie politique, le monde version capitaliste.
    Ainsi le communalisme doit de se présenter comme un outil, une solution pratique qui
    s’offre à tous pour redonner sens à la vie quotidienne dans un monde où chacune et chacun
    pourra trouver sa place. Le communalisme peut re-passionner la vie et le politique comme
    espace naturel à leur réalisation. Mais il nous faut préalablement reconnecter des forces
    qui, jusqu’ici, ont tendance à travailler séparément.

    Avec d’un coté des expériences de terrain alternatives qui pour survivre en sont réduites à
    devoir en finalité « s ́accommoder du ou au système », à développer donc une forme de
    résignation en mettant de coté la part subversive qui les dynamisait et, entre autres, « la
    rage contre le règne de l ́argent ».

    De l’autre, un militantisme politique qui, faute de projet commun crédible, tend à s’enliser
    dans un activisme illusoire, incapable de se situer dans un au-delà des structures étatiques
    et de leurs modes d’intervention autoritaires et centralisés ; s’en tenant donc derrière ses
    poses bravaches à des illusions réformistes qui ne peuvent résoudre réellement aucun
    problème.

    Le communalisme se veut et se doit d’être ce moment et cet espace dialectique permettant
    de résoudre ces contradictions ; espace où les dissensus sont eux-mêmes en mesure de
    participer à leur résolution, à leur dépassement, moment de la réinstauration d’une histoire
    authentiquement humaine.

    1. EN BREF

      Si le capitalisme est l »organisation dominante de la production et reproduction de nos vies, sur la base du capital comme rapport social entre des personnes, médiatisé par des choses nous séparant de nos propres produits, de notre propre réalisation, et de nos prochains, alors nous appelons communalisme, ce mouvement réel qui abolit cet état actuel et où le commun y est rapport social entre des personnes, médiatisé par l’expérience commune, libre et directe d’actes, de sens et d’idées, le lieu du partage ouvert des produits de celle-là et ceux-ci ; où le commun est cette situation dans laquelle le séparé existe encore, mais non plus comme séparé : comme uni dans le dialogue comme lieu de contradiction menant à sa propre résolution ; le commun comme lieu au sein duquel le séparé existe encore, mais non plus comme séparé : comme uni, et le vivant rencontre le vivant.

      C’est contre cela que nous luttons. C’est pour ceci que nous luttons.
      C’est pour tout ce qu’il y a de plus désirable dans ceci que nous luttons et aurons à lutter contre ce qu’il y a de plus indésirable dans cela.

      Il s’agit dès lors d’identifier ce qui, dans l’expérience quotidienne du capitalisme, notre expérience quotidienne (individuelle, interpersonnelle et collective, c’est selon), nuit le plus directement à la construction d’un commun dans une situation donnée, à savoir pour l’élément le plus critique, la séparation au sens et de Marx et de Debord, et contre quoi – l’obstacle ainsi identifié, soit une manifestation donnée de ladite séparation – lutter à partir donc de la définition des « Espace public oppositionnel » (Negt) et « Espace public non étatique » (Dardot, Laval) comme bases d’appui stratégique. Il s’agit de définir comment construire une situation susceptible de résorber cette séparation, rejoindre de telles situations d’ores et déjà existantes si la fenêtre nous en est laissée. Selon que nos résultats soient positifs, gagner peu à peu du terrain en franchissant obstacle après obstacle interdépendants, demeurer alerte. Et selon qu’ils soient négatifs, examiner, identifier et réexaminer le réseau de circonstances cause de notre insuffisance — afin de ne pas laisser perdre ce qu’il fallait et faut défendre, ne pas laisser faire le temps. Ainsi, notre théorie rencontrera notre pratique, et vice versa.

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