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La société ingouvernable

Une généalogie du libéralisme autoritaire

Une généalogie du libéralisme autoritaire

Un livre de Grégoire Chamayou

Si vous recherchez une analyse documentée et référencée (avec un impressionnant appareil de notes) sur les manœuvres et stratégies du capitalisme pour maintenir et renforcer sa prédominance idéologique, au niveau mondial, depuis les années 70, alors cet ouvrage est un indispensable.
Car en ces années 70, désormais devenues lointaines pour beaucoup, la classe du profit sans vergogne eut très peur, se voyant menacée par une généralisation des contestations et par les dénonciations multiples des effets profondément nuisibles à l’intérêt commun de ses agissements. Nous trouverons donc ici un tableau assez complet de la façon dont la classe des prédateurs reprit la main en multipliant les interventions et manipulations diverses au mépris de l’intérêt général et des populations de la planète. Nulle vision complotiste ici mais un ensemble de faits dont nous mesurons de plus en plus, et sans doute avec quelque accablement, les conséquences mortifères sur notre monde. D’autant que ce sont les mêmes qui restent partout en place et prétendent même vouloir nous sauver. Mais de quoi au fait ?

« Si l’on chante dorénavant les louanges d’une démocratie hier encore abhorrée, c’est bien sûr à la stricte condition implicite de ne célébrer sous ce nom que ce que certains qualifient aujourd’hui de « post-démocratie », un résidu vide, une forme sans substance. »

« Les générations qui sont nées après 1973, celles qui ont grandi à l’ère de « la crise » perpétuelle, ont intériorisé, l’une après l’autre, l’idée que chacune vivrait globalement moins bien que la précédente. Elles ont réappris à avoir peur. Un retournement historique qui pourrait aussi se lire comme une sorte de psycho-thérapie de groupe, une rééducation de masse à la « tolérance à la frustration ». « 

« Il n’y a d’opposant légitime, aux yeux du pouvoir, que celui qui est inapte à le menacer. Voilà le secret de la « légitimité » vue par les maîtres : ne sont reconnus comme légitimes que ceux qui ont renoncé à leur force. « 

« Si l’on veut saisir le véritable sens de la « crise écologique » contemporaine, il faut la replacer dans cette histoire-là, celle d’un système économique dont l’expansion a eu l’appropriation destructrice de la nature pour condition consubstantielle, et la resituer dans la continuité de la prédation coloniale et de l’accumulation primitive du capital. »

Autrement dit, le vol légalisé, le pillage généralisé, la confiscation des biens communs à tous et l’argent comme seul « régulateur » social.

Steka

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