Récréations

Le Fallacieux hypocrite

Par Ursule De Guano

Tel l’appel du 20 juin, le discours du 13 avril restera dans l’histoire comme le début de la fin de la peste capitaliste, et l’émergence de l’Internationale de L’Écologie Sociale et du Communalisme. Le programme révolutionnaire de Clown Sinistre était articulé en trois points d’où découlèrent l’inexorable marée qui fonda la société d’abondance rationnelle que nous connaissons aujourd’hui.

1- Utilité commune

D’abord, Chef du Pipeau annonça la revalorisation des activités essentielles jusque là déconsidérées : « Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune ». Le concept d’utilité commune, en rupture radicale avec l’ancienne et rétrograde notion de richesse et de possession, permit à toutes les personnes de repenser l’utilité de leur activité. Les activités nocives ou inutiles, débarrassées de la « carotte et du bâton » salarial furent abandonnées, on cessa de prostituer nos meilleures capacités au dieu de la richesse, on se mit à donner le meilleur de nous-mêmes à l’amélioration de la vie de toutes et tous, de la société et de nos environnements. L’utilité commune n’étant pas quantifiable, et cet investissement général dans la bonne vie ayant en quelques années réussi à restaurer l’abondance, le principe immémorial « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins » pu progressivement ressurgir. 

2- Annulation de la dette :

Cependant, l’Homme le Plus Détesté de France avait perçu le danger nationaliste dans lequel on nous avait tenus hypnotisés. Tenu dans l’introduction d’en appeler à nos chaînes mentales bassement chauvines, et sachant que nous seuls et seules pouvions nous en libérer, il indiqua simplement la voie vers un internationalisme renouvelé, en proposant non seulement d’«aider nos voisins d’Afrique », vieille rengaine néo-coloniale, mais surtout de les libérer de l’esclavage odieux dans lequel les puissants de ce monde les maintenaient par la source, peut-être, de toutes les dominations : la dette. « En annulant massivement leurs dettes », on libérait à la fois ces peuples d’un joug terrible, et les relations entre tous les peuples du cancer de la domination. De cette entaille à peine perceptible dans la chape de plomb de la « mondialisation » jaillirent les sources pures de l’échange et du partage directs (c’est à dire non perverties par les oligarchies du marché mondial). Nous pûmes réapprendre une sorte de diplomatie du vis-à-vis et pour cela dégager l’altérité de la gangue d’homogénéisation de la marchandise et de la valeur. Ce foisonnement de rencontres véritables permit de jeter les bases de la Confédération Planétaire des Communes Autogérées que nous connaissons aujourd’hui.

3- « Nous retrouverons les Jours Heureux »

Enfin la conclusion fut historiquement magistrale. Le Larbin de nos Honnis Saigneurs sut inciter le peuple à tirer les leçons de l’histoire, à savoir que ces espoirs magnifiques étaient à portée de main et que nous l’avions déjà réussi au sortir de la 2eguerre mondiale. Les Jours Heureux, c’est le programme de libération du Comité National de la Résistance. Au-delà de l’organisation armée pour éradiquer l’oppresseur, (qui à l’époque était allemand nazi, français pétainiste et international capitaliste), les Jours Heureux annonçaient un programme ambitieux de reprise par le peuple de ses moyens de vie essentiels, en particulier des transports, de l’énergie, des communications et par le rétablissement et l’approfondissement de systèmes de solidarité populaire de la sécurité sociale et des retraites. Ainsi, Pantin 1er nous encourageait à nous inspirer de nos aïeux pour constituer une résistance active qui exproprierait, jugerait et condamnerait les exploiteurs sanguinaires, puis profiterait pleinement et justement, comme un peuple uni dans sa diversité, de sa propre richesse.

La portée de ce discours fut telle qu’on peine à croire aujourd’hui qu’une large part de la population mondiale croyait encore alors indépassables ces âges sinistres de l’obscurantisme cruel du capitalisme.

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