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La lumière des Soviets, l’ombre d’Octobre

"L'Ombre d'Octobre" de Christian Laval et Pierre Dardot

Cet ouvrage n’apprendra sans doute que peu de choses à ceux qui se sont penchés sérieusement sur ce que fut l’Union (dite) Soviétique, et dès ses origines, au Vingtième siècle. Pour qui veut bien y consacrer le temps nécessaire, les témoignages, analyses – le tout fort peu réfutable – abondent et permettent de se faire une idée assez claire de ce qui fut pendant longtemps l’objet d’une opacité entretenue. Et je parle ici, bien sur, des témoignages et analyses d’incontestables partisans de l’émancipation et non pas de ceux, intéressés, qui en sont les ennemis.
(voir : https://www.senscritique.com/liste/U_R_S_S_La_revolution_assassinee/73632 )
Néanmoins, ce livre présente une sorte de bilan appréciable de ce qui fut la cause de l’échec de la plupart des révolutions de vingtième siècle. Et tout particulièrement pour ce qui concerne ce moment d’illusion collective que fut la soi-disant révolution d’octobre 1917 qui se révèle pleinement, dans les faits, comme ayant été une contre-révolution. Une contre-révolution qui mit un terme au formidable mouvement d’auto-émancipation que furent les Soviets (assemblées de base en démocratie directe) entre février 1917 et octobre 1917.

« L’usurpation du terme de « soviet » est sans doute au cœur du mensonge que fut le communisme bureaucratique d’État pendant presque tout le XXe siècle.  » « Il n’y a pas, il n’y a jamais eu de « lumière d’Octobre ». Celle-ci n’est qu’une illusion provoquée par la capture de la lumière des soviets par le pouvoir bolchevik. »

« Le pouvoir des soviets, reconnus pourtant comme la plus haute autorité de l’État, n’a jamais été qu’une fiction juridico-politique. Le vrai pouvoir, à la fois opaque et bavard, a dès le commencement été exercé par les organes centraux du Parti.« 


Ce livre est donc à conseiller à tous ceux qui pourraient encore rester dans l’expectative. Un livre parfaitement honnête dont le but n’est rien d’autre que de nous ré-ouvrir des horizons enfin débarrassés de l’Ombre d’Octobre.
Le printemps reviendra, débarrassé des chefs, des partis, des États et des miasmes putrides de l’Économie politique qui mondialement, partout, nous écrase et nous vole nos vies.


« En ce début de XXIe siècle, la figure du parti dirigeant, telle qu’elle a été édifiée à la fin du XIXe siècle, est en pleine décomposition. Aujourd’hui, les formes de l’activité politique sont en train d’être réinventées, l’imaginaire démocratique est libéré et renoue avec le meilleur de la tradition libertaire. C’est précisément le moment où il redevient possible de lire autrement toutes les expériences révolutionnaires du XXe siècle, au Mexique, en Espagne ou ailleurs, c’est-à-dire de les considérer pour ce qu’elles ont été : des moments de prodigieuse inventivité démocratique dans la pure filiation avec la Commune de 1871. Ce que l’ombre d’Octobre ne peut même plus cacher. »

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